L’Université Gustave Eiffel analyse le sous-sol marin pour faciliter le développement de nouvelles énergies

10 novembre 2021

  • Pays de la Loire
  • Unité de Recherche

Les équipes de l’Université Gustave Eiffel, installées à Nantes, développent une expertise unique en matière d’auscultation et de compréhension des fonds marins« Notre travail consiste à ausculter les sous-sols sur des zones impactées par l’activité humaine», explique Donatienne Leparoux, chercheuse et directrice de recherche, membre de l’équipe GeoEND (Géophysique et évaluation non destructive) de l’Université Gustave Eiffel. Ses travaux se sont plus particulièrement concentrés, ces dernières années, sur l’analyse de la subsurface du proche et moyen offshore, notamment du fait de la présence croissante d’infrastructures dans ces zones. Ces fonds complexes à explorer, car hétérogènes, ont nécessité le développement de nouvelles méthodes d’imagerie. « Notre travail est d’arriver à mesurer les caractéristiques mécaniques variables du proche sous-sol au large de nos côtes pour l’aménagement de ces sites », ajoute la chercheuse.

Depuis 2018, l’équipe pilote ainsi le projet Prose financé par le RFI régional WEAMEC. Ce programme fait l’objet d’une collaboration entre des laboratoires de l’Université de Nantes (LETG et LPG) et de l’École centrale de Nantes (LHEEA) fédérés au sein de l’Osuna (Observatoire des sciences de l’Univers de Nantes Atlantique), gestionnaire du projet. Des travaux encouragés par les industriels SIG France et EDF-Renouvelables. Ce projet a pour objectif de développer une nouvelle méthode d’imagerie quantitative de la subsurface, en employant des méthodes géophysiques, sismiques et géoélectriques. Ces méthodes non destructives doivent notamment permettre de mieux comprendre les sous-sols marins et leur évolution, pour faciliter l’installation et le contrôle d’infrastructures marines, en particulier des éoliennes. Prose a ainsi favorisé l’élaboration d’une méthodologie adaptée aux variations géologiques de nos environnements côtiers en utilisant les ondes sismiques de surface. La validation numérique, associée aux premiers tests expérimentaux sismiques et géoélectriques en laboratoire (à échelle réduite, mais aussi sur site par capteurs sismiques fonds de mer), a ainsi permis d’identifier les capacités méthodologiques du traitement d’imagerie sur des cas typiques.

Le projet s’est achevé en début d’année. L’équipe cherche à présent à lancer Prose+, dans la continuité de Prose, pour financer la poursuite des tests expérimentaux des premiers travaux menés en laboratoire. « Nous voudrions notamment construire une cuve pour effectuer des mesures cadrées et précises à partir de capteurs piézo-électriques ou par interférométrie laser. Nous souhaitons ensuite les tester en mer à partir de déploiement de capteurs “fond de mer ” pour fiabiliser la méthode et mettre au point une technique complètement utilisable par les bureaux d’études », détaille Donatienne Leparoux. La modélisation expérimentale de laboratoire utilise des maquettes de sols confectionnés par la société AFC Stab. Ce nouveau projet, labellisé par le Pôle Mer Bretagne Atlantique, (PMBA) est encouragé par de nouveaux industriels, G-TEC, Geotec, ArkosGeos, ainsi qu’avec SIG-France. Pour le consortium qui porte Prose+, il est désormais important de promouvoir le potentiel du projet auprès des décideurs, pour accélérer son lancement. « Un outil comme Plug in labs Ouest est utile pour faire connaître Prose+, et attirer de nouveaux partenaires », souligne Donatienne Leparoux.