L’IRSET étudie les expositions de l’Homme à son environnement

2 mars 2022

  • Bretagne
  • Unité de Recherche

Quel est l’impact des produits chimiques pour notre santé ? Nos environnements de travail ou de notre habitat peuvent-ils être néfastes à notre bien-être ? Comment nos habitudes culturelles influencent-elles notre santé ? Les êtres humains sont exposés tout au long de leur vie à une quantité de facteurs, aussi bien sociaux, culturels que chimiques, qui ont des conséquences sur leur santé. L’Institut de recherche en santé, environnement et travail (Inserm/Université de Rennes 1/EHESP), a fait de l’étude, de la compréhension et de l’analyse de ces différents éléments sur le développement de pathologies chez l’Homme et chez l’Animal, le cœur de son activité de recherche.

La mission première de l’IRSET est d’analyser ce à quoi les individus sont soumis dans leurs environnements, habitats, lieux de travail ou encore l’influence des aliments qu’ils consomment. Les facteurs d’exposition peuvent être physiques, comme l’impact de la 5G ou de la hausse des températures, biologiques – un nouveau virus – ou socioculturels (une trop grande consommation de sucre, par exemple). L’IRSET travaille aussi sur l’impact des facteurs environnementaux, c’est-à-dire notre exposition à des xénobiotiques ou à des nanoparticules. La grande diversité de ces facteurs implique de maîtriser un large éventail de disciplines scientifiques, comme la toxicologie, l’épidémiologie, l’infectiologie, la chimie analytique, la génomique ou la bio-informatique.

Les équipes doivent ensuite additionner ces différents facteurs (effet cocktail) pour déterminer leur influence sur le développement de pathologies« Pris isolément, ces agents ne sont pas forcément toxiques, car ils s’expriment le plus souvent  »à bas bruit ». Mais pris ensemble, ils peuvent avoir des conséquences néfastes pour la santé. Nous travaillons sur la notion d’exposome, pour décrire les multiples expositions auxquelles un même individu est soumis », explique Michel Samson, directeur de l’IRSET. Le chercheur prend, par exemple, le cas d’un peintre en bâtiment, exposé quotidiennement aux émanations toxiques de certaines peintures, et dont la santé pourrait souffrir d’une exposition supplémentaire à un virus, ou encore à la consommation de certains médicaments. L’IRSET a consacré une partie de ses travaux sur l’exposome chimique. « Ce qui implique déjà d’étudier des centaines de milliers de molécules », souligne le chercheur. Pour identifier la « signature » de ces expositions, l’institut rennais s’est doté d’équipements scientifiques de pointe, notamment des spectromètres de masse à haute résolution (HRMS), dans le cadre d’une infrastructure nationale de recherche en plein développement, « France Exposome ».

L’expertise de l’IRSET s’est révélée particulièrement précieuse pour accompagner les décideurs dans la mise en place de politiques publiques en santé. L’IRSET a été sollicité par Santé Publique France ou par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du travail (ANSES) pour étudier l’exposition de cohortes humaines à certains facteurs environnementaux. L’institut s’est, par exemple, penché sur le rôle des traitements chimiques des vignes sur l’Homme. Plus récemment, il a commencé à travailler avec l’Institut National du Cancer (INCa) pour déterminer les raisons de l’augmentation du nombre de cancers dans certaines populations. Mais l’IRSET peut être amené à collaborer avec des entreprises. Membre de l’Institut Carnot Agrifood Transition, l’institut dialogue avec un acteur du transport pour mesurer la qualité de l’air dans ses équipements. Il peut aussi intervenir auprès des collectivités locales pour analyser la qualité de l’air dans les crèches.

Aujourd’hui, l’IRSET est de plus en plus sollicité par le monde socio-économique. La plateforme web Plug in labs Ouest permet ainsi à de nouveaux acteurs de profiter des compétences de l’IRSET en matière de santé« Nous sommes toujours ouverts à de nouvelles collaborations », conclut Michel Samson.