Le LPG utilise des micro-organismes pour surveiller la qualité des eaux

12 juillet 2022

  • Pays de la Loire
  • Unité de Recherche

Le vivant nous apporte souvent plus d’informations sur l’évolution de notre planète que la technologie. Encore faut-il identifier le bon organisme capable de procurer l’information adéquate. C’est le travail que mène l’Ingénieure de Recherche Christine Barras au sein du Laboratoire de planétologie et géosciences (Nantes Université/Université d’Angers/Le Mans Université/CNRS). Spécialisée dans l’étude dans les systèmes littoraux et marins, un des trois thèmes de recherche des équipes du LPG, Christine Barras s’intéresse particulièrement aux indicateurs biologiques actuels et fossiles pour mieux comprendre l’évolution et l’état de santé de l’environnement marin.

L’ingénieure travaille notamment sur les foraminifères. Utilisés historiquement dans le secteur des hydrocarbures pour dater les roches-réservoirs, ces micro-organismes sont désormais exploités pour suivre l’évolution et la qualité des environnements marins. Leur petite taille, leur diversité et leur composition chimique fournissent des informations importantes sur leur milieu de vie, en termes d’oxygénation, de température ou de salinité. Surtout, la capacité de ces micro-organismes à fossiliser produit des données sur l’évolution historique de leurs environnements, données pouvant remonter jusqu’au paléoenvironnement« Leur coquille est conservée dans le sédiment, ce qui nous permet d’obtenir des données avant l’impact de possibles pollutions », précise Christine Barras. Un atout précieux, notamment dans le cas de pollutions soudaines ou d’absence de suivi historique de la qualité d’un milieu« Par exemple, le chalutage en mer étant omniprésent, il est difficile de définir comment serait la faune en l’absence de cette perturbation », souligne Christine Barras.

La richesse des données générées par ces micro-organismes intéresse de nouveaux acteurs, à la recherche d’indicateurs biologiques plus précis et plus fiables pour évaluer la qualité des eaux. « La DCE (directive-cadre européenne sur l’eau) oblige désormais les États à atteindre un bon état écologique des eaux côtières. Ils cherchent ainsi de nouveaux indicateurs pour mesurer les pollutions », poursuit Christine Barras. Ainsi, le LPG a noué des partenariats avec l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse« Nous avons signé plusieurs conventions de recherche pour évaluer la qualité des eaux côtières en Méditerranée », détaille Christine Barras. Le laboratoire travaille également avec des homologues de recherche nationaux, des bureaux d’études et, dernièrement, avec l’Office français de la biodiversité, tous intéressés par la précision des données recueillies avec cette méthode.

À l’avenir, le LPG veut continuer de perfectionner son outil d’analyse. « Nous souhaiterions intégrer davantage d’intelligence artificielle dans l’analyse des données. » Une évolution qui permettrait de donner plus de visibilité à cette innovation. Récemment, le LPG a pu faire la démonstration de ses travaux à travers une exposition baptisée « Foraminifères, l’océan à la loupe », au Muséum des Sciences naturelles d’Angers« Nous comptons sur Plug in labs Ouest pour nous aider à donner plus de visibilité à cette innovation », conclut Christine Barras.