Le laboratoire M2S de Rennes prépare les tennismen pour les Jeux olympiques et Paralympiques de 2024

1 juin 2022

  • Bretagne
  • Unité de Recherche

Pour le tennis, la France se classe dans le top trois des pays en nombre de médailles, depuis les années 1980. L’Hexagone peut ainsi nourrir beaucoup d’espoir aux épreuves de tennis pour les prochains Jeux olympiques et paralympiques qui se tiendront en 2024. Pour renforcer les atouts de l’équipe tricolore, l’État a lancé plusieurs appels à projets « Sport de très haute performance » à destination du monde du sport de haut niveau.

Le projet BEST – Tennis, porté par le laboratoire M2S (Université de Rennes 2), spécialisé sur la biomécanique du sport, et la Fédération Française de tennis, a été retenu l’année dernière. Le projet, coordonné par Caroline Martin, chercheuse au M2S et ancienne joueuse de tennis (-15 pour les initiés), porte sur l’optimisation des performances du service et du retour de service des joueurs de la fédération (valides et en fauteuil). Il doit aussi amener davantage de connaissance sur les causes de blessures des joueurs de tennis. « S’il est mal réalisé, le service peut apporter son lot de blessures », souligne Caroline Martin.

La première étape du projet est de mieux maîtriser le fonctionnement biomécanique du corps lorsqu’il sert. L’équipe du M2S souhaite ainsi recueillir différents types de données sur les joueurs : biomécaniques, musculo-squelettiques, cliniques et même vibratoires, dans une approche réellement « systémique ». Elle s’appuie ainsi sur un grand nombre d’équipements pour mesurer et analyser ces données sur les services des joueurs : plateforme de force, accéléromètre ou caméras optoélectroniques. Le laboratoire se sert plus particulièrement de la plateforme Immermove, dédiée à la capture de mouvement en 3D« La plateforme est dotée d’un grand nombre de caméras, associées aux marqueurs posés sur le corps du joueur. Nous pouvons ainsi enregistrer ses positions et ainsi mesurer différents paramètres, comme la vitesse ou la puissance de son service. Nous essayons aussi d’estimer les forces sur les articulations, qui peuvent, par exemple, expliquer de possibles tendinites », détaille Caroline Martin.

Le laboratoire va jusqu’à intégrer des données individuelles des joueurs, pour mieux comprendre les comportements spécifiques de chacun et personnaliser ainsi les études pour chaque tennisman. L’équipe de Caroline Martin s’intéresse aux « préférences motrices » des joueurs« C’est le fait de savoir si le joueur est gaucher ou droitier, quel est son œil directeur ou quel est le sens de rotation préférentiel de ses épaules et de ses hanches », poursuit la chercheuse. Le laboratoire s’est également associé à Delphine Chadefaux, maître de conférences à l’Université de la Sorbonne Paris Nord, spécialiste de l’étude des vibrations, pour étoffer plus encore l’éventail de ses données sur chaque joueur.

Le projet, lancé l’année dernière, est mené avec une importante cohorte de joueurs professionnels. Il s’inscrit dans un contexte où les professionnels du tennis utilisent de plus en plus les données et les statistiques pour perfectionner leur pratique. Ces données sont aussi un outil pour réduire le nombre de blessures des joueurs de haut niveau, notamment les plus jeunes. « Ces joueurs peuvent parfois être contraints de mettre leur carrière entre parenthèses à la suite d’une blessure, parce que leur technique n’est pas optimale par rapport à leurs caractéristiques individuelles », indique Caroline Martin.

Prévu pour durer jusqu’en 2024, le projet Best – Tennis doit permettre d’optimiser les gestes de chacun en vue des Jeux olympiques et paralympiques. À plus long terme, il entraînera une meilleure compréhension des blessures, et ainsi une meilleure prévention de celles-ci. Fort de cette expertise, le laboratoire n’exclut pas de diffuser son expertise auprès d’autres sports« L’outil Plug in labs Ouest pourrait nous aider à intéresser d’autres sports », remarque Caroline Martin.