Lab-STICC : une équipe dédiée à l’intelligence des bateaux et drones sous-marins

27 septembre 2022

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Le Lab-STICC s’est fait une spécialité de rendre les données numériques accessibles au plus grand nombre. Le laboratoire aux nombreuses tutelles, UBO/UBS/CNRS/ENIB/ENSTA Bretagne/IMT Atlantique, traite autant la captation des données que leur gestion ou leur stockage. L’équipe SHAKER du Lab-STICC a développé ses recherches sur la gestion des données dans des environnements contraints. Profitant de la présence du laboratoire à Brest, Quimper, Lorient et Vannes, l’équipe s’est spécialisée dans la mise au point de systèmes embarqués à destination de l’industrie maritime.

Les bateaux et les drones sont de plus en plus équipés de multiples capteurs, essentiels pour mesurer les différents paramètres météo et de navigation. Ces véhicules emportent notamment des lidars, des radars ou des caméras infrarouges, auxquels s’ajoutent la centrale inertielle et les systèmes GPS. « Il faut ensuite fusionner ces informations rapidement afin que les appareils puissent réagir en temps réel. Un capteur ne suffit pas, par exemple, à gérer une “route de collision” », explique Johann Laurent, enseignant-chercheur au Lab-STICC. Le chercheur de l’équipe SHAKER adapte ainsi des algorithmes, ou en conçoit certains sur mesure, pour répondre aux différentes demandes des acteurs du maritime. « Nous pouvons créer des algorithmes pour effectuer de la classification d’objets, repérer des types de bateaux particuliers, ou déterminer des trajectoires de collision », ajoute Johann Laurent.

La principale contrainte à laquelle est confronté le Lab-STICC concerne la gestion énergétique. « Un drone sous-marin n’a pas beaucoup de place pour intégrer une grosse puissance de calcul. Nous devons trouver le meilleur compromis entre la consommation énergétique de ces algorithmes et la puissance de calcul disponible », poursuit le chercheur. L’équipe dispose de deux plateformes pour expérimenter différentes architectures. Il s’agit tout d’abord d’un drone de surface, entièrement équipé de capteurs, destiné à tester des applications de surveillance de l’océan. Cette plateforme a été élaborée dans le cadre du projet collaboratif Surcouf (Smart Unmanned surFace vehicle Cooperation for Ocean sUrveillance on Foils), auquel ont participé les entreprises IMsolutions et Seair. La deuxième plateforme est un catamaran, également équipé des derniers capteurs, et destiné à évaluer différents algorithmes de contrôle de vol.

Fort de son savoir-faire et de ses équipements, le Lab-STICC est régulièrement sollicité par des industriels pour imaginer de nouveaux systèmes embarqués. Shaker a travaillé avec des constructeurs de bateaux à foils, pour la gestion des pilotes automatiques. Ces embarcations disposent de plus en plus de capteurs et d’intelligence, mais rencontrent des difficultés dans la gestion de leurs ressources énergétiques. « Lors de la dernière transat Jacques-Vabre, pratiquement tous les bateaux ont connu des problèmes en matière d’approvisionnements énergétiques », souligne Johann Laurent.

L’équipe travaille également sur des algorithmes capables de détecter des pannes de capteurs. « L’absence de certaines données peut être très dangereuse pour un bateau. » Une compétence qui est de plus en plus essentielle. « Un bateau est skippé 95 % du temps par un pilote automatique, autant qu’un drone sous-marin, par exemple », rappelle Johann Laurent.