Des formats vidéo moins consommateurs d’énergie grâce à l’IETR

27 septembre 2022

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L’Institut d’Électronique et des Technologies du numéRique (CNRS/CentraleSupélec/INSA Rennes/Nantes Université/Université de Rennes) travaille sur le large domaine de la transmission du signal. L’expertise de l’institut rennais s’étend de la construction du matériau électronique jusqu’à la réception et au traitement de la donnée. Les équipes dédiées au hardware, comme à la construction de composants, d’antennes ou de radars, collaborent ainsi avec celles qui sont spécialistes de la gestion et de l’exploitation de la donnée, pour couvrir tout le spectre des recherches en traitement du signal.

L’équipe VAADER (Video Analysis and Architecture Design for Embedded Resources) de l’IETR fait partie des groupes dédiés à la transmission du signal. Elle développe des algorithmes de traitement de la donnée, pour s’adapter notamment à l’évolution rapide du marché de la vidéo. La vidéo prend une place de plus en plus importante dans nos échanges numériques, au point de représenter aujourd’hui près des deux tiers de la bande passante d’Internet. Un phénomène qui s’accompagne d’une évolution des usages. La demande pour des vidéos de meilleure qualité, disponibles n’importe où et n’importe quand sur de multiples supports numériques, progresse constamment. Elle occupe également une place grandissante dans des secteurs stratégiques. « La vidéo trouve aussi de nouvelles applications dans le médical ou le militaire », explique Wassim Hamidouche, maître de conférence à INSA Rennes et membre de l’équipe VAADER.

Cette transformation implique la mise au point de nouveaux outils de transmission plus agiles et plus performants. La montée en puissance des enjeux énergétiques autour des usages du numérique demande désormais aux opérateurs d’utiliser des dispositifs plus économes en énergies, à performances supérieures. Ces contraintes sont prises en compte par les organismes de standardisation, ISO et ITU, à chaque étape de développement des nouveaux standards de communication. Ainsi les derniers standards de compression/décompression VVC des fichiers vidéo adoptés par ces organismes ont posé comme objectif une réduction de 50 % de la bande passante. Ils obligent ainsi les équipes de recherche à élaborer des outils algorithmiques plus efficaces et moins énergivores.

C’est le cas de l’équipe Vaader. « Nous travaillons sur la réduction de l’impact énergétique du streaming vidéo », confirme Wassim Hamidouche. VAADER a notamment participé au projet EFIGI, labellisé par le FUI 23. Le projet a été lancé avec différents acteurs positionnés à tous les stades de transmission d’un fichier vidéo : Thales, Ektacom, Vitec et Ateme pour la partie codage, Eurecom pour la partie transmission, et l’IETR, le Lab-STICC Videolabs pour la partie décodage. Le projet a permis à l’IETR de concevoir un décodeur en temps réel de la nouvelle norme VVC. Plus récemment, l’équipe a participé au projet NESTED, avec plusieurs partenaires : Ateme (porteur du projet), ENENSYS Technologies, Orange, Viaccess-Orca, et IETR qui a également fait avancer les recherches algorithmiques sur cette question. « Le consortium a, par exemple, fait une démonstration de streaming vidéo à faible consommation énergétique en exploitant une compression efficace, transmission adaptative 5G/DVB et décodage optimisé sur des plateformes embarquées avec un affichage pour l’utilisateur final de sa consommation énergétique en temps réel », ajoute le chercheur.